Sarah Fouquet
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sol y sombra
Sol y sombra
Catalogue réunissant des dessins réalisés à la Casa de Velázquez entre 2004 et 2006, puis exposés entre le 14 juin et le 21 juillet 2007 à l'Institut Français de Valence en Espagne
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Sol y sombra
Sarah Fouquet affirme avec une subtile délectation sa prédilection spontanée et naturelle pour le dessin. Sarah Fouquet a le crayon joyeux, allègre, jubilatoire. C’est pour elle plus qu’un simple moyen d’expression, c’est une autre manière de dire et de sentir. Un complément essentiel à la parole et au regard. Sa maîtrise du trait et son art de la composition, une pratique qui lui est propre de poser sur le papier des moments choisis et arrêtés, se conjuguent et surgissent dans la simple et poétique évidence de ses représentations.
Cette sûreté du trait, fort de sa propre détermination, engendre une vérité de l’instant et distille tout à la fois un indicible pouvoir de séduction et d’évocation.
Sarah Fouquet se plait entre ombres et lumières. Naturellement elle perçoit et s’approprie l’ombre des pays de lumière qui donne aux coloris choisis, à ses ocres, à ses bleus, à ses bruns et à ses verts des harmonies et des nuances ténues tout en rendant plus délicat le modelé des formes et des architectures. Tout pareillement elle sait restituer l’éclat et l’irruption de cette lumière crue et chaude, aveuglante et implacable des heures méditerranéennes que vient intensifier la violente réverbération des ciels sans nuages.
Dans cette opposition des contrastes entre douceurs des ombres et violence de la lumière, Sarah Fouquet nous dit une part de son Espagne. Ses constructions nées d’observations minutieuses, ses dessins riches d’une réappropriation spontanée du réel et tempérés par les apparences changeantes du mouvement des heures nous livrent avec délicatesse mais aussi avec une force pénétrante la gloire de la lumière.
Pierre Berthier (directeur de l'IF Valence)
juin 2006
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Depuis la Casa de Velázquez, six façons de regarder
Sarah Fouquet est, de tout le groupe, celle qui se consacre le plus à l’art ancien du dessin, avec une maîtrise et une précision admirables. Elle sait explorer les ressources de la matière et tirer du crayon toute la gamme des ombres et des lumières. Dans sa série sur le Palais de verre du Retiro de Madrid, elle adopte des perspectives presque impossibles, mêle différents plans, superpose les points de vue, obtenant ainsi des résultats surprenants. De même, dans la série de Tolède, elle parvient à saisir la plasticité et le mouvement des bâches qui protègent la ville du soleil d’été. Le résultat final est une espèce de cerf-volant étrange, entouré de cordes qui semblent l’immobiliser.
Elle travaille habituellement par séries, donnant à voir dans l’œuvre une sorte de making off du processus, qui constitue aussi l’œuvre achevée.
Juan-Ramón Barbancho (critique et commissaire indépendant)
mai 2006
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Les univers de Sarah
J’avais d’abord pensé à « l’univers de Sarah », mais presque instantanément, ce titre m’est apparu trop restrictif, trop fragmentaire, car sa sensibilité profonde lui permet d’aborder avec un égal bonheur nombreuses formes d’expressions. Les principales (du moins celles que je connais…) sont le dessin, la mise en page et la typographie. Liste non exhaustive, bien entendu.
Avant toute chose, elle possède le sens inné de la composition. Son dessin, esquissé ou rigoureusement achevé, frappe autant par son acuité d’observation que par sa subtile interprétation personnelle, sa savante transposition et son agencement, classique ou non. Une forme d’évidence heureuse, sereine, émane de ses croquis, petits ou grands, de ses pastels et de ses gouaches. La notion d’échelle disparaît pour ne faire place qu’à l’enchantement de l’œil et de l’âme. Il n’est pas toujours recommandable d’exprimer l’émotion que l’on peut ressentir face à une œuvre, et cependant, elle est là, fréquemment, irrépressible, mystérieuse… Pourquoi ?
J’ai eu le privilège de suivre, depuis plusieurs années, le travail de Sarah, et en particulier la somme de croquis, gouaches et mises en pages que représentent ces « dessins de plateau », donnant lieu à des « making-of graphiques », sous forme de livres édités ou auto-édités. De même, j’ai pu assister à la réalisation de son mémoire de fin d’études, à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, consacré à la revue d’avant-garde du mouvement Cobra, et s’intéressant particulièrement à l’engagement de Pierre Alechinsky en son sein.
À tous ceux qui sont sensibles à sa démarche, je souhaite qu’ils aient la possibilité d’accéder à ses travaux : ils comprendront alors la dimension, la force et la maturité de son analyse dans chacune de ses différentes disciplines… Entre autres, la composition typographique, langage très spécifique, presque ésotérique pour un très large public.
Ces deux années espagnoles s’ouvrent sur un nouveau chapitre dont voici à présent, les quelques pages illustrées…
Yves Millecamps (peintre et académicien)
Janvier 2006